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Prise en charge de la commotion cérébrale en kinésithérapie

13 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 sept.


Une commotion cérébrale peut sembler bénigne au premier abord. Pourtant, après un choc à la tête ou au corps, certaines personnes peuvent présenter pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines des symptômes tels que des maux de tête, des vertiges, des douleurs aux cervicales, une fatigue importante, une sensibilité à la lumière, des troubles de concentration ou une intolérance à l’effort.


La récupération est généralement favorable, mais elle peut parfois être plus longue ou nécessiter une prise en charge spécifique.


La kinésithérapie, notamment lorsqu’elle intègre une expertise vestibulaire, peut participer à l’évaluation et à la récupération de certains symptômes persistants après une commotion cérébrale (Syndrome post commotionnel).


Qu’est-ce qu’une commotion cérébrale ?


La commotion cérébrale correspond à une perturbation du fonctionnement du cerveau provoquée par un traumatisme.


Elle peut survenir après :


  • un choc direct à la tête ;

  • une chute ;

  • un accident ;

  • ou encore un mouvement brutal de la tête et du corps sans impact direct sur le crâne.


Une perte de connaissance n’est pas nécessaire pour parler de commotion cérébrale.

Les symptômes peuvent apparaître immédiatement, mais également dans les heures qui suivent le traumatisme.


Quels symptômes peuvent apparaître ?


Les manifestations sont très variables d’une personne à l’autre.

Certaines personnes présentent principalement des maux de tête. D’autres vont surtout ressentir des vertiges, une sensation d’instabilité ou une difficulté à supporter les mouvements.


Les symptômes peuvent notamment comprendre :


  • maux de tête ;

  • vertiges ;

  • nausées ;

  • troubles de l’équilibre ;

  • sensibilité à la lumière ou au bruit ;

  • fatigue ;

  • difficultés de concentration ;

  • ralentissement ou sensation de « brouillard » mental ;

  • troubles du sommeil ;

  • irritabilité ou changements d’humeur ;

  • gêne lors des mouvements rapides de la tête ;

  • difficultés à supporter les écrans ou certaines stimulations visuelles ;

  • diminution de la tolérance à l’effort.


La présence de symptômes vestibulaires est particulièrement importante à prendre en compte, car ils peuvent influencer la récupération.


Pourquoi la kinésithérapie peut-elle être utile ?


La commotion cérébrale n’est pas uniquement un problème musculaire ou articulaire.

Après une commotion, plusieurs systèmes impliqués dans l’équilibre et l’orientation spatiale peuvent être perturbés : le système vestibulaire, la vision, la proprioception et les mécanismes permettant de stabiliser le regard pendant les mouvements. Le kinésithérapeute peut donc rechercher certaines perturbations et déterminer si une rééducation spécifique est pertinente. L'objectif n'est pas de proposer systématiquement les mêmes exercices à toutes les personnes ayant subi une commotion. La prise en charge doit être individualisée en fonction des symptômes et de leur évolution.


Le rôle de la kinésithérapie vestibulaire


Lorsque des vertiges, une instabilité ou une gêne lors des mouvements de tête persistent, une rééducation vestibulaire peut être indiquée.


Elle peut notamment comprendre des exercices destinés à améliorer :


La stabilisation du regard

Lorsqu’une personne bouge rapidement la tête, ses yeux doivent effectuer des ajustements extrêmement précis pour maintenir une image stable. Après une commotion, certains patients présentent une gêne lors de ces mouvements. Des exercices spécifiques peuvent permettre de travailler progressivement cette capacité.


L’équilibre

Les exercices peuvent également solliciter progressivement les différents systèmes impliqués dans l’équilibre. Le travail peut être réalisé dans différentes conditions : debout, en mouvement, avec des informations visuelles réduites ou sur des surfaces plus ou moins stables. L’objectif est de retrouver progressivement une meilleure confiance dans les déplacements et les changements de position.


Les vertiges

Tourner la tête en marchant, regarder rapidement autour de soi, se déplacer dans un environnement visuellement chargé ou changer de direction peuvent parfois provoquer des symptômes. La kinésithérapie vestibulaire s'avère utile pour vérifier s'il n'y a pas de VPPB post traumatique. La rééducation permet de réintroduire progressivement ces situations, avec une difficulté adaptée aux capacités du patient. 


La reprise de l’activité physique

La reprise de l'activité physique fait également partie de la récupération. Après une période de repos initiale lorsque celle-ci est nécessaire, l’objectif est généralement de retrouver progressivement une activité adaptée, en surveillant l'apparition et l'évolution des symptômes. Chez le sportif, cette progression doit être particulièrement structurée afin de permettre un retour progressif à l'entraînement puis, lorsque les critères sont remplis, à la pratique sportive.


Une rééducation qui doit rester progressive


Il n'est pas nécessaire de « pousser à travers » des symptômes importants pour progresser.

À l'inverse, une éviction prolongée de toute activité peut également entretenir certaines difficultés chez certaines personnes. La rééducation repose donc sur une progression adaptée : exposer progressivement le patient aux situations qui provoquent ses symptômes, sans dépasser ses capacités de récupération. Cette progression peut concerner les mouvements de tête, les exercices visuels, l’équilibre, la marche, l’effort cardiovasculaire ou encore les activités spécifiques au quotidien et au sport.


Combien de temps faut-il pour récupérer ?


La durée de récupération varie considérablement selon les personnes. De nombreux patients récupèrent progressivement en quelques jours ou quelques semaines. Chez certains, les symptômes peuvent toutefois persister plus longtemps. Une persistance des symptômes ne signifie pas nécessairement qu'il existe une lésion grave. Elle justifie en revanche une réévaluation afin de comprendre quels facteurs entretiennent les difficultés et quelle prise en charge peut être proposée.


Quand faut-il consulter ?


Une suspicion de commotion cérébrale nécessite une évaluation médicale adaptée, notamment après un traumatisme important ou lorsque les symptômes sont inhabituels ou s'aggravent. Certains signes après un traumatisme crânien nécessitent une prise en charge médicale urgente : aggravation importante des maux de tête, vomissements répétés, confusion croissante, somnolence inhabituelle, convulsions, faiblesse d’un membre, troubles de la parole ou autres symptômes neurologiques inquiétants. La kinésithérapie intervient ensuite dans le cadre d’une prise en charge adaptée, en complément du suivi médical lorsque cela est nécessaire.


Et pour les sportifs ?


Chez le sportif, la commotion cérébrale doit être prise au sérieux. L’objectif n'est pas simplement de faire disparaître les symptômes au repos. Il faut également vérifier que le sportif tolère progressivement les contraintes liées à son activité : effort physique, mouvements rapides, changements de direction, stimulations visuelles et, selon le sport pratiqué, situations spécifiques. La reprise doit donc être progressive et individualisée.


En résumé


La commotion cérébrale peut entraîner des symptômes très variés, notamment des vertiges, des troubles de l’équilibre, des maux de tête, des douleurs cervicales et une mauvaise tolérance à l’effort.


Lorsque ces symptômes persistent, la kinésithérapie, et notamment la kinésithérapie vestibulaire, peut contribuer à la récupération grâce à une évaluation précise et à des exercices adaptés.


L’objectif est de permettre au patient de retrouver progressivement ses activités quotidiennes, son autonomie et, lorsque cela est pertinent, son activité sportive dans de bonnes conditions.


 
 

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